Peut-on continuer à rouler quand sa voiture est concernée par un rappel ?
Si vous avez reçu récemment un courrier de rappel pour votre véhicule, vous êtes loin d'être seul. Les campagnes de retour en atelier se sont multipliées dans l'automobile ces dernières années, et elles concernent le plus souvent des problèmes de sécurité. Vous n'avez pas forcément la possibilité de vous rendre au garage dans la foulée ? L'Automobile Magazine vous explique les cas de figure dans lesquels vous pouvez continuer à rouler et ceux qui vous imposent de cesser immédiatement de circuler. Les rappels automobiles se sont multipliés ces dernières années, mais tous ne vous obligent pas à cesser de rouler immédiatement. © Yayimages Recevoir une lettre de rappel pour son véhicule ? C'est devenu monnaie courante dans l'automobile aujourd'hui. L'an dernier, nous avons comptabilisé pas moins de 317 opérations de retour en atelier sur le seul site officiel de l'Union européenne, Rapex, qui n'est pas totalement exhaustif. Vous avez donc dû être assez nombreux à recevoir un courrier vous demandant de prendre rendez-vous avec un garage sans trop tarder. Mais cela ne signifie pas forcément que vous devez arrêter de rouler instantanément. Il existe deux cas de figure principaux, en fonction du type de lettre envoyé. Qu'est-ce qu'un rappel de type "Stop Drive" ? En France, les rappels dits "Stop Drive" sont limités à la seule affaire Takata. © Skoda Seule une poignée de rappels, baptisés "Stop Drive", s'accompagnent en effet d'une injonction à cesser immédiatement d'utiliser son véhicule. Depuis le 1er janvier, ils peuvent même engendrer une contre-visite au contrôle technique, avec interdiction de circuler dès le soir même à minuit. En Europe, il s'agit encore d'un cas de figure très rare et très récent. La France a été la première à l'utiliser sur le Vieux Continent, au printemps 2024, après un accident mortel au volant d'une Citroën C3 lié à l'explosion d'un airbag. Aujourd'hui encore, ces rappels "Stop Drive" ne sont utilisés que dans le cadre de l'affaire Takata chez nous. En revanche, ils sont beaucoup plus fréquents et plus anciens aux Etats-Unis. Dans ce pays, les constructeurs automobiles redoutent en effet aussi bien les foudres de la puissante agence des transports NHTSA que celles des actions collectives en justice. Des rappels classiques toujours majoritaires Les rappels "classiques" sont donc largement majoritaires en France, et ils vous laissent la liberté de rouler. Vous ne serez d'ailleurs pas recalé au contrôle technique : seule une mention sera parfois ajoutée sur le procès-verbal remis à l'issue de cet examen. Mais attention à ne pas trop prendre ces campagnes à la légère pour autant. La plupart d'entre elles concernent bel et bien la sécurité. C'est en effet l'un des seuls cas de figure qui oblige réellement les constructeurs à lancer une opération de retour en atelier signalée aux autorités, contrairement aux "simples" problèmes de fiabilité. L'absence de "stop drive" s'explique ici parce que le danger est jugé beaucoup moins grave que dans l'affaire Takata, à l'origine de près d'une vingtaine d'accidents mortels en France si l'on inclut les territoires d'outre-mer. Des courriers de rappel à lire avec attention Les risques d'incendie font partie des principales causes de rappel, mais la probabilité d'un départ de feu effectif demeure généralement faible. © Yayimages Les rappels pour risque d'incendie figurent ainsi parmi les plus nombreux, et pas seulement pour des voitures électriques. Mais ils sont souvent organisés alors que la probabilité d'être victime d'un départ de feu est extrêmement faible, au nom du principe de précaution. Il est toutefois toujours important de bien lire le courrier qui vous est envoyé, puisqu'il peut comporter des instructions supplémentaires. En 2025, on a vu ainsi des campagnes qui recommandaient aux propriétaires d'éviter de brancher le véhicule, notamment sur le Ford Kuga PHEV, ou de limiter la charge à 80 %, par exemple sur les Mercedes EQA et EQB. Même si ces consignes peuvent vous compliquer la vie, elles sont données afin de minimiser le danger… surtout que le constructeur se retrouve parfois à devoir lancer un rappel sans avoir déjà trouvé une solution au problème ou sans avoir assez de pièces nécessaires pour le corriger. L'environnement, une autre cause majeure de rappels Depuis le scandale du dieselgate, bon nombre de rappel sont liés à un dépassement des normes d'émissions polluantes. © P.Orluc Il existe par ailleurs un autre cas qui oblige les marques à faire revenir des véhicules, en particulier depuis le scandale du dieselgate : les risques dit "environnementaux". ici, le plus souvent, il s'agit d'un possible dépassement des émissions de polluants par rapport aux normes européennes. Au premier abord, vous ne vous sentirez donc pas forcément concernés. Vous pourrez donc être tenté de prendre votre temps, voire de vouloir esquiver totalement cette intervention. Mais ce ne serait pas vraiment une bonne idée, puisque votre voiture ne répondrait pas à la réglementation. Cette opération est en outre totalement gratuite, comme tous les rappels officiels. Mieux vaut donc se rendre en atelier malgré tout, même si rien ne vous oblige à vous précipiter. On peut d'ailleurs comprendre votre puisque ces correctifs ont parfois aussi pu engendrer d'autres types de problèmes, comme ça a été le cas récemment chez certains propriétaires de Renault à moteur diesel après une mise à jour antipollution controversée. Johann Leblanc Journaliste automobile Après des années à parler essentiellement de nouveautés automobiles, c'est désormais dans l'occasion et dans la fiabilité que je me suis spécialisé. Un vaste sujet pas toujours simple à traiter, faute de collaboration des constructeurs, mais pourtant crucial pour des millions d'acheteurs en France. Retrouvez la suite du contenu après cette annonce
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